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Sur la vasque moussue où tremble une phalène,
Le jet d'eau resplendit en long jaillissement ;
Sa bruine impalpable offre à la marjolaine
Des perles de cristal le doux ruissellement.
La fraîcheur, dans le soir, apprivoise le marbre
D'une nymphe alanguie, effleurant son dos nu.
Le divin rossignol sanglote près de l'arbre,
L'arc tendu, Cupidon prend un air ingénu.
Le chemin forestier se perd dans le silence
Longeant un canal vert bordé par de grands buis ;
Ce cours guide mes pas vers une rutilance :
Un temple étoilé d'or par le millepertuis.
L'églantier me connaît, me salue au passage :
D'une ronce penchée il accroche ma main...
Quand le merle moqueur me siffle son message,
Je croise son oeil noir qui me dit : à demain.
*
Ce fut le paradis d'une enfance rieuse
Où le songe indulgent me conduit sans détour.
J'y vécus, autrefois, calme et mystérieuse,
Jeune fille candide en attente d'amour.
Mona
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