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ou le Loup végétarien et l'Agneau carnassier
Renier sa nature est la pire des sottises,
Je vais en ces lignes railler cette Bêtise.
Un Loup végétarien se rinçait le gosier
Dans le courant filant d’un bien petit torrent.
Un agneau carnassier qui cherchait à manger
Arriva arrogant, fier comme Artaban :
« Qui te rend si hardi de troubler ma boisson ?
Dit l’ovidé aux naseaux rubiconds.
Tu seras donc châtié de ta témérité !
_ Sire, vous me semblez bon, que Votre Majesté
Ne me prenne en courroux
Mais plutôt qu’elle boive et glou et glou
Je ferai de même dans cette onde pure,
Sans créer nulle gêne et nulle éclaboussure
Plus de vingt pas au dessous d’elle,
Et que conséquemment, soyez rassuré
Je ne saurai troubler sa Majesté.
_ Tu la troubles déjà, reprit la bête cruelle ;
Car je sais que l’an passé, tu voulus me manger !
_Je suis végétarien, comment pus-je y penser ?
Reprit le Loup ; je ne mange que des carottes.
_ Si ce n’est toi, c’est donc un de tes potes !!!
_ Je n’en ai point :
Ils nous méprisent, nous autres végétariens.
_ C’est donc un des tiens ; car vous ne m’épargnez guère,
Loups, renards éperviers, ours, lions et autres compères.
En guise de verdict : Je te condamne à mort. »
Là-dessus, point de gibet
L’agneau l’assomme et le dévore,
Sans autre forme de procès.
Parodie de La Fontaine par Joël H.
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