|
Blottie dans la pénombre en cette soirée sombre,
Elle se cachait là sur le sein des ténèbres,
Voulant fuir la milice et son dessein funèbre :
Tuer les dissidents dissimulés dans l’ombre.
Cette Belle, si fragile et précieuse à la fois,
Apeurée, contestée, au chœur de son Etat,
Condamnée, consacrée persona non grata
Fuyait la lâcheté des réformes et des lois.
La peste soit de ceux qui louent Sécurité,
Ces hommes engendrent les textes et affligent les justes
Et nos lois naturelles qu’ils jugent trop peu robustes
Aux autres opposent les uns, Au diable Egalité !
Elle entend progresser la milice en cadence,
Le pas sur le pavé claque avec insistance ;
Ils viennent pour l’enlever ces gens de peu de science,
Les larmes viennent drôlement par telle décadence.
Victime de l’infamie et des lois scélérates,
Elle expira sous les coups des miliciens
À la solde de l’Etat et ses politiciens,
Grouillant à la façon d’une engeance de blattes.
La malheureuse Belle justifia fermeté
Afin de préserver les idées pré-pensées
Sans que les hommes se sentent pour autant offensés…
Cette Belle portait un doux nom : Liberté !
Joël Heirman
|