|

En étrange pays ...
C'est un pays, dit on, où l'on va sans bagages,
Voyage programmé et fatal rendez-vous
Un port lointain où l'on peut aborder à tout âge
Sans espoirs, sans papiers, sans argent ni bijoux.
Nul gabelou ne veille à ses vagues frontières,
On y marche sans fin sur des chemins ardus
Où des pas, par millions, ont creusé des ornières
D' espoirs évanouis et de désirs perdus.
Au loin s'effacent les maisons grises, et les portes
Par où l'on pénétrait dans les horizons bleus
Se ferment lentement aux rives des mers mortes
Et l'on marche, craintif, à pas silencieux...
Mais, peut être, levant encore nos visages
Au ciel obscur de l'Univers, nous entendrons
Le chant pur et glacé des étoiles sauvages
Qui nous accueilleront aux bords de l'Achéron.
Version retravaillée de 'Le vieux pays" posté le 29 decembre 2007
|