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Rien n'est plus dangereux au monde que la véritable ignorance et la stupidité consciencieuse
Martin Luther KING
Dans de froides églises.
Auprès de mon âme, je m’installe, soudain.
Je m’y repose, en pèlerin,
Cherchant un essentiel.
Une terre d’asile, de lait et de miel,
Ou l’humanité n’est pas un vain mot.
Ou humilité n’est pas un gros mot !
Il y a, dans les âmes grises,
Trop d’étranges sermons de froides églises,
Trop de rêves aux couleurs soumises,
Trop de haillons et d’idées en guenilles.
Trop de Bastille, aux révolutionnaires de pacotilles.
Le verbe ne suffit plus à combler les esprits,
On fait commerce de l’espoir,
De la charité et du devoir.
On se construit, ainsi l’image d’une conscience parfaite,
Versant de temps à autre, une larme distraite.
Auprès de mon âme, je m’installe soudain,
Que n’ai- je pris un autre chemin ?
Le monde me fait mal !
Il a choisi la folie des hommes,
La vérité entre dans la vie carcérale.
La compassion n’est qu’une feuille d’automne,
Tombée sur le sol, que l’hiver piétine,
Pour entendre son cri, il vous faut l’oreille fine
Je regarde l’autre, et ne m’y reconnais plus.
On ne crie plus au fou, mais l’invite à dîner,
Oubliant d’être soi pour quelques deniers de plus.
Auprès de mon âme, je m’installe soudain
Ma solitude étouffe mon chagrin.
Meme la pluie a ce goût amer,
De ceux à qui l’on demande de se taire.
La haine a changé de méthode,
Nous distillant chaque jour ses fausses vérités.
On les croit indispensables, si on n’a pas le code,
Comme les sables mouvants de l’oisiveté,
Engloutissant les remords de nos obésités.
Il nous reste l’amour, comme dernier charnier,
Ou le sentiment n’est plus qu’un été meurtrier.
Une raison de plus à ce monde bancal.
Que l’on croit justifier par un de ces sacrifices,
Faisant d’une caresse, cet ultime supplice.
Gavé de ces mots, qui n'ont plus aucun sens,
L’étreinte forcée est devenue un droit
On ne cherche plus à s'aimer,
Mais simplement à baiser,
Pour un plaisir sans innocence, mais inscrit dans la loi
Auprès de mon âme, je m’installe, soudain !
La tête entre les mains,
Je pleure et je crains !
Je crains que ce monde ait un autre destin,
Que celui du bonheur, par les Dieux annoncé.
Vincent
( Peinture de Françoise Régamey)
***
Les revers du destin,
Que la vie s’accomplisse
Avec ses vertus, ses vices.
Le ciel m’en soit témoin,
De m’enfuir au loin,
En les mirages amers,
D’un quelconque désert.
Le hasard et ses vils projets,
Assiègent la moindre de mes pensées.
Que d’efforts, en mon âme perturbée,
Sans horizons à mon regard donné.
Le mal m’envahit,
Le mensonge me nuit.
Les revers du destin,
En faces hideuses du malin,
S’ingénient en d'idolâtres promesses,
Creusant la tombe de ma tendresse.
Je puise en l’humilité,
En la force de vérité,
En cette rivière au cours tarie,
Le sang de ma survie.
Mes mots, en une prière impie,
Crèvent mes espoirs d’infini.
Combien de suppliques en errance,
Aux Dieux adressées en doléances,
Meurent dans l’oubli,
D’un livre aux pages noircies !
Je marche, désormais,
En une sereine solitude,
Ou de souffrances accompagnées,
Se forgent en habitudes.
La liberté me reste
Comme une tache, comme une peste,
Ancrée en moi en un chemin ultime,
Vers un essentiel lointain et sublime.
Vincent
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