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La mer est déchaînée et,depuis le Levant,
Lance ses régiments d'écume et d'eau devant!
Ils arrivent au bord,muraille après muraille,
Leur armée,à l'assaut de la côte ferraille!
Sur la vague,en émoi,la planche fait fureur,
Papillonne et chavire ou fonce avec ardeur.
La plage est nivelée,arasée,uniforme,
Eole y fait ses dents,à son gré la conforme!
Le sable effronté colle à la peau des flâneurs,
Obture la narine,à l'oeil,fait des rougeurs!
Les plumeaux des palmiers forcent la révérence,
Les vieux pins parasols,chevronnés,se balancent,
Ignorant la terreur des tendres magnolias
L'un à l'autre mêlés,tremblants,à ce fracas,
Des thuyas apeurés adossés aux barrières,
Des bonzaîls,a l'abri de lourdes jardinières,
Des lauriers déchirés,secoués,pantelants,
Des oliviers ébouriffés,et paloitants.
Chaque touffe affolée à l'autre s'agglutine,
Seul un rameau court,dru,très dignement opine!
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