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Nancy la flamboyante

le mardi 07 avril 2009, à 22:03. Posté par Joël Heirman




    Nancy la flamboyante reste, ─
    Dite Cité des Lumières ─
    De monuments et jolies pierres
    Du fil des siècles, le palimpseste .

    Ses murs robustes et la disette
    Résistèrent au fier Téméraire,
    Qui opiniâtre connut la bière
    Mil-quatre-cent-soixante dix-sept.

    Car, c’est la Porte de la Craffe
    Qui para les Bourguignons et
    Les tirs de leurs grands trébuchets ;
    Ils y gravèrent leur épitaphe.

    Le duc de Lorraine René II,
    Triompha à cette bataille ;
    En sont témoins les pierres de taille
    De la porterie au duc preux.

    Nancy, les siècles s’écoulant,
    Au gré des affres de son histoire
    Sans à la France jamais échoir
    Elle fut bastion résistant

    Elle se posait en simple enclave
    En dépit de maintes convoitises,
    Des invasions et des mains mises,
    Des rois de France et princes braves ;

    Tantôt lorraine, tantôt française,
    Au cours des guerres du dix-septième,
    La Lorraine resta Lorraine
    Et si on l’eût cru polonaise ;

    Mil-sept-cent-trente-sept, année,
    Où ell’ souffrit la défection
    De François III ; face au Bourbon
    Le duc accepta ce marché :

    La Lorraine simple duché,
    Lui fut troquée contre Toscane ─
    Il faut l’admettre la Toscane ─
    Etait alors un « grand-duché. »

    Quand la succession de Pologne
    Entraîna une rude guerre,
    Louis XV et son roi de beau-père
    Revinrent défaits de leur besogne.

    Or déchu, le roi Stanislas
    Fut l’hôte du roi bien aimé
    Et garda son titre à jamais
    On connait tous sa belle place ;

    Père de la reine Marie
    Le titre s’explique sans peine :
    Il est nécessair’ que la reine
    Soit fille de roi, lança Louis.

    Stanislas devint donc lorrain, ─
    Et duc de Lorraine et de Bar ─
    Docte rupture dans l’histoire,
    Au grand dam de tous les Lorrains

    Qui savaient qu’au jour de sa mort,
    Leur terre devait revenir
    À Louis XV pour son bon plaisir ;
    Or le vieux roi polonais, lors

    De ce royal avènement,
    Etait déjà sexagénaire ;
    Âge qu’on ne dépassait guère ;
    Tous craignaient alors le moment,

    D’une Lorraine sous le joug
    D’une monarchie absolue,
    Mais à Louis XV, n’en déplût
    Stanislas était robuste et tout

    Ce qui l’eût pu faire souffrir
    Arriva lors de son vivant
    Marie la reine trépassant
    De sa vie, il n’eût connu pire.

    Louis XV était fin stratège
    Pour limiter le ministère
    De son duc de roi de beau-père
    La Galaizière plaça au siège

    Hiératique de l’intendance ;
    Pieds et poings liés la Lorraine
    De cette main tenant les rennes
    Avait déjà un goût de France.

    Les huit millions de livres de rente
    Alloués au duc par son gendre
    Lui permirent alors d’entreprendre
    Ce pourquoi Nancy encor’ vante :

    Son exception urbanistique
    Avec un vent de fantaisie
    Qui Illustre cette magie :
    Chef-d’œuvre des plus oniriques.



    Joël Heirman

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