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Nancy la flamboyante reste, ─
Dite Cité des Lumières ─
De monuments et jolies pierres
Du fil des siècles, le palimpseste .
Ses murs robustes et la disette
Résistèrent au fier Téméraire,
Qui opiniâtre connut la bière
Mil-quatre-cent-soixante dix-sept.
Car, c’est la Porte de la Craffe
Qui para les Bourguignons et
Les tirs de leurs grands trébuchets ;
Ils y gravèrent leur épitaphe.
Le duc de Lorraine René II,
Triompha à cette bataille ;
En sont témoins les pierres de taille
De la porterie au duc preux.
Nancy, les siècles s’écoulant,
Au gré des affres de son histoire
Sans à la France jamais échoir
Elle fut bastion résistant
Elle se posait en simple enclave
En dépit de maintes convoitises,
Des invasions et des mains mises,
Des rois de France et princes braves ;
Tantôt lorraine, tantôt française,
Au cours des guerres du dix-septième,
La Lorraine resta Lorraine
Et si on l’eût cru polonaise ;
Mil-sept-cent-trente-sept, année,
Où ell’ souffrit la défection
De François III ; face au Bourbon
Le duc accepta ce marché :
La Lorraine simple duché,
Lui fut troquée contre Toscane ─
Il faut l’admettre la Toscane ─
Etait alors un « grand-duché. »
Quand la succession de Pologne
Entraîna une rude guerre,
Louis XV et son roi de beau-père
Revinrent défaits de leur besogne.
Or déchu, le roi Stanislas
Fut l’hôte du roi bien aimé
Et garda son titre à jamais
On connait tous sa belle place ;
Père de la reine Marie
Le titre s’explique sans peine :
Il est nécessair’ que la reine
Soit fille de roi, lança Louis.
Stanislas devint donc lorrain, ─
Et duc de Lorraine et de Bar ─
Docte rupture dans l’histoire,
Au grand dam de tous les Lorrains
Qui savaient qu’au jour de sa mort,
Leur terre devait revenir
À Louis XV pour son bon plaisir ;
Or le vieux roi polonais, lors
De ce royal avènement,
Etait déjà sexagénaire ;
Âge qu’on ne dépassait guère ;
Tous craignaient alors le moment,
D’une Lorraine sous le joug
D’une monarchie absolue,
Mais à Louis XV, n’en déplût
Stanislas était robuste et tout
Ce qui l’eût pu faire souffrir
Arriva lors de son vivant
Marie la reine trépassant
De sa vie, il n’eût connu pire.
Louis XV était fin stratège
Pour limiter le ministère
De son duc de roi de beau-père
La Galaizière plaça au siège
Hiératique de l’intendance ;
Pieds et poings liés la Lorraine
De cette main tenant les rennes
Avait déjà un goût de France.
Les huit millions de livres de rente
Alloués au duc par son gendre
Lui permirent alors d’entreprendre
Ce pourquoi Nancy encor’ vante :
Son exception urbanistique
Avec un vent de fantaisie
Qui Illustre cette magie :
Chef-d’œuvre des plus oniriques.
Joël Heirman
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