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DANS L’OMBRE
Lorsque la nuit se tait, résonne en ce silence
L’écho des corridors.
Dans l’ombre de ce lit, ô soyeuse présence,
Quelle es-tu, toi qui dors ?
Lorsque la nuit se tait,
Si j’ouvre en un baiser la captive mésange,
Ta main d’ombre légère aux fragiles phalanges
S’alanguit sur la taie.
Ô soyeuse présence où mon regard prélude
Un désir furieux,
L’illusion d’aimer si ton bras se dénude
Me suspend, curieux.
Résonne en ce silence,
Quand tu ris incertaine au songe matinal,
Le battement profond du rythme machinal,
Ta secrète existence.
Quelle es-tu, toi qui dors et n’as que cette chair
Comme étrange amulette,
Monde obscur de tes flux parcourus d’un éclair,
Suspendue au squelette?
Illusion d’aimée…
Quand s’oublie ton visage en cette chevelure,
Que ton corps nu retrouve, en un rêve qui dure,
La grâce de l’almée,
Dans l’ombre de ce lit, légère, si légère,
Que puis-je bien saisir,
Qui ne soit de ta vie la forme passagère
Et ne serve au plaisir?
Ô soyeuse présence,
Si j’ouvre en un baiser ta corolle endormie,
Pour que s’achève enfin de ta longue accalmie
L’exquise négligence,
L’écho des corridors fasse qu’au loin s’éveille
L’aile d’un papillon,
Et de son frêle envol naisse en nous la merveille
D’un brûlant tourbillon !
Jehan
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