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Le temps peut s’aimer…
La même méditation inspirée m’agite
Loin du silence, loin des regards
Dans le temps incertain, les reflets du granit
jouent sur les champs / matin de brouillard
La passion me charme aux portes de l’abandon
D’une démarche hésitante s’enlise le naufrage
En cette course effrénée, en cette suspension,
seules les herbes hautes contemplent l’âge
Nos vécus posent sur le sol la féconde semence,
subtile fertilité du matin où tout s’embrase
Tige virginale immaculée à ta révérence,
le printemps recueille mon ombre en ton vase
Suis-je coupable d’espérer encore ces délices
Loin des vos silences, loin de vos regards
Dans mon temps incertain, les sillons d’un lys
s’ouvrent au crépuscule en ma nuit sans fard
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