|
Je n'avais pas encore dix ans, souvenirs de lui
Cet homme pas beau, au front ridé , trop haut
Ces yeux d'un gris mouillé, intenses, chauds.
Premier éclaireur sur le sentier de ma jeune vie.
Souvenirs de lui, de givre et de grand vent.
Je recherche inlassablement, de lui, la trace.
César, le pépé, mon idole au regard pugnace.
Détesté d'autres, il masquait ses sentiments.
Je le regardai, je regardai cet air bonhomme et las.
J'avais huit ans, j'en avais trente, j'en avais cent
Parce qu'avec lui, l'on ne comptait jamais le temps.
Je n'avais que l'impérieuse envie ,me blottir en ses bras.
Il m'a appris tous les charmes de l'enfance
Visage couturé, fané, mais pas disgracieux.
Ses rires et ses révoltes ont flottés sur mes jeux.
Sa mort me laissa pantin, affreuse nonchalence.
Grand père aimé, je te dois ces fragments d'insolence.
Tu m'as appris ces peurs magnifiques, car sans raison.
Je les voyais ces farfadets, que tu contais avec passion.
Souvenir de lui, de ce rire incoercible, en mon errance.
Patrick
César le rouge texte 2
Sur la photo si dessous, mon papa de 86 ans au baptème de Giulia et Tom 
|