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Le ciel,affaissé,traîne sur l'Aubrac
Ses rouleaux de suie et sa mer de brume.
L'autoroute,aqueuse,est un bras de lac.
Des hors-bord ronflants en soufflent l'écume.
La pluie,en fils drus,zèbre le décor
Depuis le dais sombre à mon essuie-glace,
Jusqu'à la forêt ,lumineuse encor,
Frissonnante et nue,et de guerre lasse!
Comme un jet de lance écorche les feux,
Déchire la flamme en morceaux de cendre,
Il vient de foncer,le soleil fougueux:
La pluie en suspens n'ose plus descendre...
En une minute,en changeant d'arpent,
Le temps incertain vire et tourneboule,
Il menace,effraie,hurle ou se repent:
Ou l'arbre craquait,le biset roucoule!
Notre vieux couvercle était noir et lourd,
Funèbre,il dormait,vautré sur la terre.
Un coup de magie:il n'est plus balourd,
Le vent le balaie:un palais de verre!
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