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Si tu meurs, ce n’est pas grave,
mais si tu ne vis pas c’est dramatique !
Lumière inattendue, au détour d’un ghetto,
Qui éblouit mes yeux crédules et ma conscience,
Clarté inconcevable, au si distinct halo,
Chaleur inexplicable - mais reste inexpliquée !
C’est en traînant le pas, lassé, blasé, paumé,
Les idées dans le vague et le cœur en balance,
Et tout ce bien planqué, qui m’aurait fait douter
Que t’avoir rencontré m’aurait déshabillé ?
Tu m’as permis de voir ce qu’il nous fallait voir,
Tu m’as permis d’aimer ce qu’il nous faut aimer,
Mais aussi de haïr, aussi de détester,
Il en eût fallut peu pour nous voir transformés.
Tu m’as donné la clef pour y voir dans le noir,
Montré la direction que j’avais tant cherchée,
Et mis de la musique, dans mon univers sourd,
Des couleurs, sur le gris délavé de l’espoir.
Je suis né cette nuit, et j’ai appris l’amour,
Moi qui croyais avoir vécu et puis aimé,
A tes côtés appris ce qu’il nous faut apprendre,
Alors que je croyais comprendre et savoir tout.
Tu a chanté pour moi des chansons oubliées,
Pour moi, et ce soir j’essaie encore de comprendre,
Comment peut-on m’aimer, moi qui n’aime personne,
Et d’un amour aussi vrai que le tien surtout.
Incroyable moment, tout mon être frissonne,
En songeant seulement qu’il eût pu se tromper,
Tu m’as permis de voir ce qu’il me fallait voir,
Tu m’as permis d’aimer ce qu’il nous faut aimer.
Moi qui me croyais mort, au bout de l’agonie,
Je me demande encore quel est le dieu sournois
Qui crut bon d’éveiller en moi un tel espoir,
S’amusant, par gageure, à ébranler ma vie.
Toutes mes convictions, tout ce à dont je crois,
Ont gagné en puissance ce que tu y a mis,
Et malgré l’amertume d’un évident regret
Ton riche enseignement me restera acquis.
Je t’aimerai toujours, toujours, le sauras-tu ?
Il en eût fallu peu pour nous voir transformés,
Il en eût fallu peu pour nous voir nous aimer,
Il en eût fallu peu, mais il s’en est fallut.
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