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Quand on ne peut reculer :
Qu’on se trouve acculé,
Face à la résignation
Qu’il n’y a de solution,
Il arrive parfois
Qu’elle apparaît de soi ;
Illustrons cette sentence
En prenant connaissance
De l’histoire ineffable
De l’oiseau de ma fable.
En des temps reculés,
Bien avant que ne naquît Noé,
Nul oiseau ne volait :
Nul ne l’imaginait.
L’un d’entre eux ambitieux,
Avait le dessein impérieux
De devenir le roi
Des ovidés de ces bois –
Cet aspirant monarque espiègle,
Etait de l’espèce des aigles – ;
Il le fit tant savoir
Qu’il put vite percevoir,
Qu’à force d’y travailler,
Il se faisait railler.
Devant l’échec
Et les rires que ses congénères à bec :
Epervier, Colibri ou Alouette,
Corbeau, Moineau ou Chouette,
Avaient pour son dessein
D’être élu souverain,
Il prit partie de se jeter
Pour conserver sa dignité,
Depuis le haut d’une falaise,
Pour s’écraser sous les mélèzes.
Arrivé au sommet,
Tous alors l’appelaient,
Mais il embrassa le vide
Artisan de son suicide…
Le sol venait à lui ;
Et de sa mort devenait l’huis…
Or il ne sut pourquoi,
Ses larges membres déploya,
Il ne sut pas comment,
Un réflexe de l’instant ;
Etait-ce là par instinct ?
Etait-ce là son destin ?
Il se mit à planer…
Qui l’eût imaginé ?
Sa Majesté des cieux :
Notre Aigle majestueux
Maître du vent,
Et de l’air conquérant,
Grâce à qui Charles Baudelaire
Dans quelques illustres vers,
Dépeignit l’Albatros
En vol en toutes causes
Volatile merveilleux
Mais au sol, bien malheureux boiteux :
Il alla dès lors, pour tous, de soi
Que l’Aigle était le seul roi ;
Tous le prirent pour modèle
Et tous gagnèrent le ciel.
C’est bien depuis ce cas d’école
Que presque tous les oiseaux volent
Et quant à notre animal
On l’appelait Aigle royal.
J.H.
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