|
Je l’ai trouvée comme on se noie
Limpide élégante élancée
Près d’un casier de la salle des profs
Je sais C’est bête
Que voulez-vous que je sois
Depuis que je l’ai vue
La femme extase de mon rêve
J’étais barque ballottée
Demi défaite
Ecœuré des embruns
Voilà le vent levé
Pour déchirer l’orage
Un rayon qui sourit de soleil dans du gris
Un rayon plus intense à brûler d’être seul
Voilà que j’ai vu Dieu
Comme on revient au monde après la deserrance
Comme on sort d’une mort et qu’on découvre l’aube
On laisse le lichen pour se croire au Brésil
Entre la samba de jouir et la Bossa et l’esprit
Depuis ma nuit des temps
Ma modeste éternité
Je suis lierre patient ou saxifrage infirme
Il me faut pour m’ouvrir
La main gantée du vent
La bouche d’un été
Quelques larmes de pluie
Je sais C’est bête On est poète
C’est assez dire qu’on est en miettes
Une façon d’être
Plume ou brindille
Pastel ou pigment
Je suis fait de feuilles mortes et de dessins d’enfants
Que voulez-vous que je devienne
Depuis que je l’ai vue
La femme fièvre de mes jours
La femme étoile de mes nuits
26 mai 09
|