|
Lamartine osait:<<Temps!suspends ton vol!>>
Le temps n'a jamais freiné son envol!
Toujours il s'enfuit,en effleurant l'onde
Et vieillissant tout,l'univers,le monde!
<<Je passe,partout,prenez,c'est gratuit!
J'empile vos ans,à vous,l'usufruit!>>
Trop court pour l'amour et les galipettes,
Les nuits de sommeil et les jours de fête,
Le temps s'est fâché d'être très mal pris,
Trop long pour l'ennui,pour le malappris...
Le temps a lancé des avis de grèves,
Jusqu'aux Monts d'Arrée,au Mont Dore, aux grèves!
Il veut ménager ses repos,le temps,
Regarder le temps de nos cheveux blancs...
Il ne bouge plus,il se dissimule,
Il n'avance plus,pas d'une virgule!
Il traîne la patte et ne veut filer...
Comme à la parade,il va défiler!
L'homme éberlué que le temps ne passe
Se dit:<<Mais comment sortir de l'impasse?>>
Il manque ,à l'oisif,le temps du loisir
Et du gaspillage au temps de plaisir...
Il manque au faucheur,le temps de la sieste,
Le bavard ne peut plus tailler la veste.
Il manque au printemps,le beau temps du vert,
En août le temps chaud,la neige en hiver...
Le bandit réclame un temps pour qu'on tue!
Le lièvre en revend,cher !à la tortue.
Plus de temps d'aimer,plus de temps des fleurs
On ne peut trembler!plus de temps des peurs.....
On ne peut pleurer,plus de temps des larmes,
On ne peut mourir...,plus de temps des armes
Vous cherchez en vain,le vieux temps passé,
Il est là,blessé,le rythme est cassé.
Le temps suspendu s'accroche à la branche,
Et ne lâche plus!Pour lui,c'est dimanche.
C'est un temps sans souffle,il est figé,dort.
C'est un temps d'arrêt,peut-être un temps mort!
Ils sont rassurés,le nonagénaire,
Qui bûche par coeur le dictionnaire,
Son contemporain,qui n'arrivait pas
A flâner un jour,avant son trépas!
Le temps dépérit...!manque d'exercice?
Agonisant?meurt?Enterré d'office?
Non,le temps respire,il vit,je l'entends.
Il reprend sa ronde!Ouf!Il était...TEMPS!
|