|
Je tiens le gouvernail,
je dirige ma vie,
ma pirogue à mon gré,
il n'est plus aucun secret
des fleuves et des mains de Dieu qui fouillent
qui placent,
que j'ignore,
Ma pirogue d'abord
c'est ma drogue,
qui me tient d'aplomb,comme à niveau,
mais qui me plombe qui m'étrangle,
ma pirogue,
c'est le songe où les enfants se tiennent la main,
La drogue,
c'est ton mensonge qui me fît si mal
et appréhender le monde différemment,
ta trace animale sur mon front;
Ma pirogue,c'est vos copeaux,
vos merdes dans le caniveau,
c'est un bateau poubelle,
un bateau poussette,
qui emmène les enfants
tomber au bout d'une terre plate;
Ma pirogue,c'est ta grue,
mon songe,
dans les chantiers que tu ne finis plus,
comme une vapeur
anesthésiante;
ma pirogue,une caméra dans le world trade center,
sûrement un bateau-espion;
Je tiens le gouvernail,
dirige ma vie,ma pirogue,
vers ton ventre,Déesse,
pour y laisser mon fils tordu,
ton ventre et le vide qui m'y aspire;
Ma pirogue,sur tes veines
navigue entre héroïne et songes,
ta drogue le mensonge
m'attends dans un tiers-temps
pour me faire un sort;
Ma pirogue est en guimauve,
rien d'étonnant qui l'a construite c'est ta grue,
toi et ta stupide trace animale,
toi et tes foutues causes perdues,
ta drogue,c'est ton innocence qui te fait si mal;
ta drogue,c'est ton fils perdu.
Je tiens le gouvernail
d'un appareil qui n'est pas le mien,
et le pire,
j'emmène des inconnus,je ne sais même pas où,
les inconnus,
peu nombreux,une centaine,
dirigent ma vie,me piroguent,
ont des souhaits des propositions,
veulent cartographier mes émotions,
foutus touristes,
puisque je tiens le gouvernail,
si j'en profitais pour crasher l'avion.
|