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Je l’attendais depuis toujours
Ce grand manteau d’ombre et de feuilles
Mi soie sauvage mi trame d’or vieilli
Que je porte à présent
J’en ai portés tellement
Tellement
Certains manteaux qui m’allaient bien
D’autres pas mal ou pas du tout
Du poil de allez savoir
Carotte ou lapin
A frire à mazout à ce que vous voudrez
J’en ai portés
Des tout gris des tout noirs des tout morts
Des qui ne font pas rire ou l’inverse aussi bien
Couleurs qui craquent sous la dent de l’œil
Chatoiements charnus de vouloir
Mais aucun n’était pour moi
Trop courts trop longs trop modes ou pas assez
Ce qu’on peut porter C’est fou sur soi
Pour faire plaisir ou faire semblant
Du treillis de curé
De la toge d’anarchiste
Pas un qui rachète l’autre
Du costard de lumière qu’on éteint quand on dort
Jusqu’au trois-quarts de larme que l’on trouvait seyant
De l’étoffe qui luit vers la trame qu’on sent
Et de ces peaux qui vous collent à la peau
Cuir sur le cuir à s’en demander
Si l’on mourra dedans
Et puis des tissus des fois
Légers comme lèvres d’enfant
A peine si l’on peut
Les essayer et c’est marre
On porte ainsi parure Et c’est drôle
Que l’on use autant que l’on y tient
Ce manteau maintenant
Ce manteau d’à présent
Il est fait des typhons et des tiédeurs que mes jours ont tissés
Le temps s’est fait tissu
Et le velours de ma vie
A des valeurs d’envie
L’envie d’aimer
L’envie d’être heureux
L’envie d’être vrai
J’aurais mis cinquante années
A m’habiller de moi
15 juin 09
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