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Le départ de Pépé
Il mange le bon vieux le pain de la souffrance
et de son pas meurtri dévore allègrement
les tristes, longs couloirs, briseurs d'espérance
dans le temps qui s'éteint doucement, doucement...
Il retrouve la paix sur le banc de l'attente.
La bougie qui s'allume fait des halos diffus,
l'odeur de cire habite le bois de la soupente
où les poutres noircies accentuent les refus.
Le soir tombe déjà sur le jardin du vent,
celui qui s'envole vers les rues de l'oubli.
Il gonfle la grand voile, il est pressé, violent,
la cheminée ronfle sur le feu mal nourri...
Il est couché le vieux avec son beau manteau,
sa chemise blanche et sa cravate noire.
Il a pris son veston mais posé son chapeau
sur la commode propre en dessous du miroir...
Il croise ses deux mains sur son corps aux douleurs
qui s'éveillent parfois, l'empêchent de prier,
il entend dans l'oreille le son dur de son coeur
qui lui dit: « c'est trop tôt, attend un peu pépé...
Tu vois le ciel est beau mais il est bien trop loin,
pourquoi veux-tu partir on est si bien ici?
avec la mémé on joue, on fait les foins,
les roses du jardin sentent bon aujourd'hui,
tu pourras bricoler, on a besoin de toi,
le coin des chaussures doit-être refait, tantôt,
les roues de mon vélo ne tournent plus bien droit,
il faut chasser les grives, faire fuir les mulots...
Le vieux ne dit plus rien, il a fermé les yeux...
Il dort du bon sommeil qu'attendent tous les sages...
Le jour qui se lève montre un ciel tout bleu,
pépé sur son bateau a quitté nos rivages...
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