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Quand, parfois, je prends ma plume pour crever l'ennui,
Pour chasser ma solitude à coups de fleurs sauvages
Et briser les murs froids qui gardent ma longue nuit,
J'entends des voix qui murmurent d'un lointain rivage.
Ce sont les voix de nos morts qui, de leur paradis,
Pour nous dire, dans leur langue, combien ils nous aiment,
Défiant la triste faucheuse et par inter-dits,
Nous envoient, par moment, des étoiles de poèmes.
Ils sont bienheureux dans les jardins des délices,
Au milieu de la jacinthe, le corail et l'or,
Parmi les saints et les anges, loin de tous les vices,
Flottant, diaphanes, débarrassés de leurs corps.
Ce que nous croyons, égoïstes, perte fatale
Est, ils l'ont compris, cet idéal tant recherché:
Le sommet du nirvana et le bonheur total,
Le grand Secret que Dame Vie nous a caché.
Ils sont les vrais Poètes, ils ont la Vérité ,
Ils s'abreuvent à la source de l'inspiration,
Ils ont pour eux le Temps, ils domptent l'Eternité,
Ils préfèrent le sourire à la respiration.
Nous devons, ignorants, au lieu de les pleurer,
Rire, chanter, applaudir tout en les enviant
Car la vie la Vraie où l'on va demeurer,
D'après ce qu'ils m'ont dit,est celle qui nous attend.
* A la mémoire d'un poète, mon ami, mort le 22:06:2007.
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