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Chaque chose de moi est marquée de son nom;
Chacun de mes tympans résonne de sa voix,
Et quand je vous regarde, c’est Elle que je vois,
Elle que j’aime encor jusqu’à la déraison.
Toujours un peu plus froids, et chaque fois plus durs,
Chacun de ses regards, m’arrache un peu du cœur.
Pourtant, j’y cherche encore un éclat de douceur
Qui me la laisse voir au-delà de ce mur.
Et ses mots me font mal, comme ces vents brûlés
Qui défont grain à grain les dunes du désert,
Et créent à l'infini des plages sans la mer,
Et des rochers usés de regards desséchés.
Je suis cet animal dont le cœur est tranché,
Dont vous vous étonnez qu'il puisse encor courir,
Sans comprendre qu'un corps refuse de mourir
En quête de son âme que l'amour à damné.
Le soleil peut briller, sans effacer la nuit,
Il peut brûler la terre, sans effacer l'hiver.
Le bateau peut sombrer sans avoir vu la mer.
La mort peut tout vous prendre en vous laissant la vie.
Et pourtant tout en Elle, encor se tend vers moi,
Elle souffre de sa haine, et me hait de m'aimer.
Chaque coup qu'elle me donne est un bleu qu'elle se fait.
L'absurde nous emporte et me glace d'effroi.
S.Cottin
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