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Je n’ai plus sous les yeux qu’un paysage blême,
Le temps qui a passé a terni l’horizon
Puisqu’à présent la pluie refuse son baptême
Et que tous les oiseaux sont partis sans raison.
J’offre tout ce que j’ai et beaucoup plus encore
A celui qui saura les faire revenir.
Mon encre a dû sécher et mon stylo est mort,
Ce n’est plus qu’au passé que j’ai un avenir.
Serai-je toujours là pour écrire demain
Si les nuits à venir ne peuvent m’apporter
Qu’un sommeil fatigué, ni rêves ni refrains,
Et de vieux souvenirs qui viennent me hanter ?
Pleurez, versez sur moi vos larmes généreuses,
Esprits des insoumis, des écœurés, mes frères,
Rescapés à demi des heures malheureuses,
Vainqueurs trahis soudain par la longue misère.
Arrosez mon stylo qui n’a plus rien écrit
Depuis longtemps déjà de vos larges fontaines.
Cette eau-là seulement le rendra à la vie,
Réveillant l’encre bleue qui coule dans mes veines.
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