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Aux portes du ciel

le samedi 27 juin 2009, à 13:41. Posté par joart


    Aux portes du ciel

    Dormir …pourquoi, pour qui ? Quand les portes sont blanchies par tant d’intuitions trahies .Il ne reste que mon cœur fissuré sous la roche avec ses meurtrissures. Qu’importe, puisque je repose dans ce verger …là où vous m’avez délaissé, à l’ombre de mon insulaire solitude. Mais sans regret dans cette ultime prison, je me suis enfin assoupi presque apaisé, la tête allégée par des songes printaniers. Ce soir enfin, j’ai pu ressentir sous le pré de l’étroit, les larmes des amis, leurs émois. Il m’aura fallu attendre les bas-fonds de cet ultime voyage, pour que vous laissiez couler des sentiments éperdus, sans danger pour vos tristes miroirs…

    Sous cette herbe qui pousse mon corps se fourvoie, à sentir la caresse d’un vent déporté par vous… Oui vous, ma pensée magique, mon ultime amante inviolée, secrète, apeurée. Tout est devenu transfiguré dans l’instant. Sous ce toit où je jouais dans les nuages décadents. Là même où j’ai senti mon âme d’enfant …secourir mes déchirures, mes accidents.

    Je ne pouvais rien graver sur l’écorce blanche, rien ne pouvait s‘inscrire. Mon histoire n’existait pas dans les coulisses des gens bien-pensants. Alors ma ferveur a cherché dans les racines, dans les caves croupies…et elle s’épanche …suée nocturne pour l’indifférence.

    Dehors, j’attends que frissonnent les branches, celles qui donnent l‘ombre à mon dernier repos .Seulement dans cette seconde, une douce rêverie me ramène à l’impensable, là où j’expire sous le marbre, aux couleurs de vos hanches …Douce ombre, tout est illusion dans ce royaume albâtre. Par ce triste jour, le matin s’en est allé, laissant un arbre s’abreuvant de mon corps endormi. Sous son bois, imagé pour le rêveur, tout c’est adouci, portant en ses veines des vers chantés pour l’oubli. Peu importe, je suis tombeau maintenant et j’adjure les saisons qui passent à l’infini car je songe à de perpétuelles clairières .Ici, je m’envole dans la lumière et arrête ce combat à vouloir me fuir…illumination d’une vie en verrière, frivole, incandescente, toute légère..

    Désormais seul le défunt peut voir cette alchimie, sans cesse accouchée par un corps en appétence … Mais déjà, il me faut partir dans la nuit de mes tourments, laissant à votre cœur une ode à jamais délabrée et libérée. Il ne reste que cette larme tombée qui demeure dans le limon, comme une semence fertile, intemporelle, à chercher dans le chaos...l’absolution

    joel


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commentaires ( 11 ) (Ajouter un commentaire)
Agrippa le samedi 27 juin 2009, à 15:06
Je suis troublé tant cette lecture si délicieusement poétique me renvoie aux ombres mystérieuses que tu peins, ce soir aux visages infiniment meurtris, qui n’en finit pas de tomber jusqu'à étouffer le souvenir des vivants . Tes mots viendront transpirer sur le marbre glacé qu’un passant peut-être aura vu. Je prie Dieu pour que nous soyons, que je sois ce passant. Amitiés mon ami Thierry

joel le samedi 27 juin 2009, à 17:07
merci mon ami ,de me rejoindre dans l'ephemere ,et d'etre dans l'écho de ces quelques mots chantés....amitiés mon ami poete joel

Vincent le samedi 27 juin 2009, à 17:07
Peu importe le tombeau ! Devant cette derniére porte, reté là le regard, encore un peu en arriére comme soulagé de n'etre qu'un oubli , inquiet de ce qu'il reste à découvrir en cette lumiére ! Que le bonheur te guide Vincent

joel le samedi 27 juin 2009, à 20:09
Que le bonheur t’effleure en cette douce soirée d’été ….et t’apporte trèfles et millepertuis amitiés joel

proemsie le samedi 27 juin 2009, à 21:27
En lisant ce texte comment ne pas admettre qu'il y a plusieurs niveaux en poésie....en reconnaissant simplement,sans en dire plus,qu'après sa lecture,je me sens un peu plus riche qu'avant...Amitiés

joel le dimanche 28 juin 2009, à 01:00
je suis heureux que vous puissiez vous humecter le visage de cette rosée ,et qu'elle vous entraîne sur les chemins parfumés de la poésie amitiés joel

den.hall le dimanche 28 juin 2009, à 18:17
parfois à la lecture de poésie, en vers structurés, rimes, pieds égaux ...forme parfaite en somme, on a l'impression pourtant d'une narration, d'une prose; et puis, révélation aussi parfois, à la lecture de prose, de la poésie pure. et on oublie la structure, on s'évade....à la lecture de votre texte, nous sommes dans ce cas là! très beau.

joel le dimanche 28 juin 2009, à 18:42
merci infiniment de vous êtes imprégné ,à ce texte qui tente d’amener juste un soupçon de poésie …amitiés joel

Agrippa le dimanche 28 juin 2009, à 20:19
Den, un com superbe ! Amitiés

Marie * le lundi 29 juin 2009, à 00:27
Est ce vraiment de l' éphémère ? passante dans dans ma lecture je m' évade merci pour cela. Bisous

joel le lundi 29 juin 2009, à 13:15
belle evasion en nos pas,en notre sol pousse les fleurs eternelles amitiés joel

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