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Aux portes du ciel
Dormir …pourquoi, pour qui ? Quand les portes sont blanchies par tant d’intuitions trahies .Il ne reste que mon cœur fissuré sous la roche avec ses meurtrissures. Qu’importe, puisque je repose dans ce verger …là où vous m’avez délaissé, à l’ombre de mon insulaire solitude. Mais sans regret dans cette ultime prison, je me suis enfin assoupi presque apaisé, la tête allégée par des songes printaniers. Ce soir enfin, j’ai pu ressentir sous le pré de l’étroit, les larmes des amis, leurs émois. Il m’aura fallu attendre les bas-fonds de cet ultime voyage, pour que vous laissiez couler des sentiments éperdus, sans danger pour vos tristes miroirs…
Sous cette herbe qui pousse mon corps se fourvoie, à sentir la caresse d’un vent déporté par vous… Oui vous, ma pensée magique, mon ultime amante inviolée, secrète, apeurée. Tout est devenu transfiguré dans l’instant. Sous ce toit où je jouais dans les nuages décadents. Là même où j’ai senti mon âme d’enfant …secourir mes déchirures, mes accidents.
Je ne pouvais rien graver sur l’écorce blanche, rien ne pouvait s‘inscrire. Mon histoire n’existait pas dans les coulisses des gens bien-pensants. Alors ma ferveur a cherché dans les racines, dans les caves croupies…et elle s’épanche …suée nocturne pour l’indifférence.
Dehors, j’attends que frissonnent les branches, celles qui donnent l‘ombre à mon dernier repos .Seulement dans cette seconde, une douce rêverie me ramène à l’impensable, là où j’expire sous le marbre, aux couleurs de vos hanches …Douce ombre, tout est illusion dans ce royaume albâtre. Par ce triste jour, le matin s’en est allé, laissant un arbre s’abreuvant de mon corps endormi. Sous son bois, imagé pour le rêveur, tout c’est adouci, portant en ses veines des vers chantés pour l’oubli. Peu importe, je suis tombeau maintenant et j’adjure les saisons qui passent à l’infini car je songe à de perpétuelles clairières .Ici, je m’envole dans la lumière et arrête ce combat à vouloir me fuir…illumination d’une vie en verrière, frivole, incandescente, toute légère..
Désormais seul le défunt peut voir cette alchimie, sans cesse accouchée par un corps en appétence … Mais déjà, il me faut partir dans la nuit de mes tourments, laissant à votre cœur une ode à jamais délabrée et libérée. Il ne reste que cette larme tombée qui demeure dans le limon, comme une semence fertile, intemporelle, à chercher dans le chaos...l’absolution
joel
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