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C’était un simple et autre matin
Pas plus et surtout pas moins .
Avec la tempête dans le breuvage
Je sentais partir l’air du naufrage .
Il y a des petits moments
Ou l’espace devient consistant
c’est une grise mélasse
qui tapisse de sa masse .
Encore un réveil d’ivrogne ?
ce n’est pas cela qui cogne .
les yeux ouvrent , se ferment ,
ils rejettent loin l’épiderme .
Ils arrachent des bandes de peau
Pour afficher la blancheur des os .
Et je reste assis sans bouger
Comme une statue de musée.
C’est le parfum brun de la dépression
Qui trouble les meilleures chansons .
Et casse sans cesse le cerveau ,
Bric à brac sans rien de beau .
Mais il y a les petites pilules ,
Qui sautillent ,
Qui frétillent .
Elles dansent dans les bulles .
Je les aime beaucoup
D’un amour un peu fou !
Elles ont des noms bizarres .
Mais elles bravent le hasard.
Elles sont de toutes les couleurs
Rouges , jaunes , parfois bleus.
Que le monde est alors langoureux
Pour mener une vie de peu .
Je les aime beaucoup ,
D’un amour un peu fou .
C’est un baiser d’araignée
Un doux parfum opiacé .
C ‘est toujours le même matin
Elles sont dans la main .
Les petites pilules à rire .
Elles ressemblent au pire .
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