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Poète
Où vont les poètes, quand se distillent les heures
Au chant mélancolique d’un jour plein de trêve,
Et que dans leur yeux les larmes des rumeurs
Se perdent comme des pas sur la grève.
Sous leur front se traîne quelque brume,
Silhouette maladive cherchant asile,
Ces traits diffus de quelqu'un, de quelqu’une,
Se dispersant en un battement de cil.
Où vont ils, leur yeux habités d’étranges songes
Qui sur des chairs pensives s’attardaient,
Ces passants de la mémoire ou l’âme se plonge,
Où de la vie il n’est plus aucun reflet,
Où vont ils quand le temps se fait chagrin,
Que sur les fleurs se rident les printemps
Et que leurs vers tristes s’en vont aux quatrains
Se formant en d’ultimes et douloureux chants.
Ils sont comme ces brumes cherchant quelque écho
Qui en de vastes endroits, aux clameurs des cités,
Flairent un monde aux tristes oripeaux
Qui jusque sur sa tombe oubliera ses péchés.
A cette empreinte, au temps qui s’efface,
Que bien des soupirs ont tenté d’adoucir,
Ils vont comme ces vents que rien ne lasse
Là ou l’éphémère se penche pour mourir.
Où vont ils, quand s’anime le regret des choses,
Ce parfum discret aux années évaporées
Qui, sous les fronts et dans les âmes, se pose
Aux poussières tendres d’un premier baiser.
Va ! si je meurs le cœur rempli d’incertitude,
A ce chant dévoisé plein de détresse,
Je saurai guérir, las d’absence et de solitude,
Sur vos pages noircies de douce ivresse.
Agrippa
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=cauria
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