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PREMIER SOIR D’ETE DU SIECLE.
J’ai, sur un pliant, au jour finissant,
Ouvert le « Canard », devant ma masure.
L’environnement est tout verdissant,
J’ai levé les yeux, lâché ma lecture …
Le soleil de juin s’est mis à chauffer.
L’astre vieillissant … n’a pas pris de ride.
Au dessus du Plomb, il pare à lofer
Ses derniers rayons sur la Margeride.
Sur l’horizon rose, un nuage nain
Jaspe, au figuré, la plage céleste,
Il flotte, à portée, un parfum de foin,
Mon corps s’alanguit d’onction agreste.
Un bruit de moteur tombe du zénith :
C’est un U.L.M. voguant dans la nue.
Je n’accorde pas de satisfecit
Au bruyant voyeur de la lune nue.
L’ombre fait trembler les mots que je lis,
Ouvre en tapinois le bal des moustiques,
Je suis assiégé par un friselis,
J’appose, agressé, la claque à leurs piques.
A l’intérieur, j’aurais parcouru
L’actualité sans vers ni césure,
J’ai conté mon soir déjà disparu …
Du premier été du siècle, en mesure.
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