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C’est la complainte du tueur .
Il affûte ses outils à la lueur
D’un brasero fumant d’un sale charbon .
Il jubile , trépigne , fier de son don .
Il est là pour questionner ,
Entendre et faire parler .
Sans se soucier des condamnés .
Les innocents ont plus à raconter .
Il n’a qu’une faiblesse
C’est pour une belle diablesse
On lui dit que cette sorcière
Devait périr sans manière .
Il n’a pas pu la délivrer
Son couteau est trop aiguisé .
Il a surtout beaucoup usé
Des cheveux noirs et parfumés .
Il ne sait alors que faire .
Partir au fil de l’air ?
Lui , le spectre des entrailles
Il ne trouve pas la faille .
Est il amoureux de cette nonne ?
Ou de son corps de lionne ?
Elle est parjure et mécréante .
Il la trouve belle et envoûtante .
Cette histoire cent fois comptée
De la demoiselle et son geôlier
N’a rien de très extraordinaire
Pensez vous qu’ils se marièrent ?
Pour finir et s’en délivrer
Et de la brune se séparer
De son couteau il a su prendre
La vie de la gorge tendre .
C’est un tueur en cendres
Et en peine de l’attendre
Il voyait bientôt captive
Une jolie blonde rétive .
C’est un tueur sans amour
Qui ne sait pas dire toujours
Car il aiguise sur l’artère
Ses baisers au fil de pierre
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