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Je me souviens encor de ces nuits d'Algérie,
Quand je prenais la garde en haut du mirador.
Au dessus du djebel, comme une draperie,
Le ciel était bleu sombre, empli d'étoiles d'or.
Des effluves confus, d'armes, de bergerie,
Montaient avec le vent de l'enceinte du fort.
On entendait au loin tonner l'artillerie,
Un chacal, quelque part, piaulait à la mort.
Seul, dans l'obscurité, j'attendais la relève;
Un de mes camarades, émergeant de son rêve,
Allait prendre son quart, jusqu'au soleil levant.
Je croyais que vingt ans, c'était le plus bel âge,
Mais qu'elles étaient loin les filles du village.
Je n'avais qu'un espoir, y revenir vivant.
Pierre 29
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