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la lande jolie

le mercredi 05 août 2009, à 16:59. Posté par franck


    Dans ce pays d’Ouest retiré
    Il ne manquait pas de curés
    Ils battaient la campagne
    En soutane , non en pagne .

    C’était un pays froid, plein d’eau
    Ils ressemblaient aux noirs corbeaux
    C’était leur mise mais plus encore
    C’est qu’ils braillaient si fort .

    Leur maître savait qu’en ces lieux
    Ils devraient combattre les dieux
    Il y avait Cernunos le cornu
    Et ses anges perdus .

    Et d’autres encore hantaient
    Les allées , les chemins et les haies
    Pour la crainte de Dieu
    Il fallait exorciser les vieux.

    Ce jeune prêtre en robe
    Avec ses beaux cils se dérobe
    Aux jeunes et belles paroissiennes
    Qui feulent comme des hyènes .

    Vade retro , maudites gueuses !
    Je ne veux de vos yeux d’enjoleuses
    C’est au service du seigneur
    Que j’ai consacré mes heures !

    Il fallait en plus abattre les autels
    De Cernunos , des rebelles ,
    Ou alors dire qu’il est saint
    Ce dolmen et sa source sans fin .

    Le travail ne manque guère
    Entre les tours et les pierres
    Pour un jeune homme exalté
    Qui croit qu’il va régner .

    Mais les âmes sont plus dures
    Que les plus forts des murs
    En secret toujours ils craignaient
    L’Ankou et la charrette qui grinçait .

    Et le vent soufflait indifférent
    Au jeune curé et ses tourments
    Il vint alors un vieil homme
    Barde ou druide disait il en somme .


    Le dernier de sa race
    Mais il riait en face
    Se moquait du jeune abstinent
    Lui le vieil inconvenant .

    « Le plaisir de la chair profite !
    Il est de la nature implicite !
    Pauvre Dieu qui laisse seul
    L’homme dans un linceul ! »

    « Je préfère le printemps
    Et l’amour aux champs
    Que des messes enfiévrées
    Dans des murs enfumés ! »

    Le curé le fit pendre .
    C’était le dernier mais pas un tendre ,
    Et il donna au curé malédiction
    Qu’en ce monde il vivra l’affliction.

    C’est ainsi qu’un soir
    La pieuse Gwénaêlle vint lui dire bonsoir
    Elle était blonde , les yeux bleus ,
    D’un azur merveilleux .

    Et le curé se déchaîne
    Il déflore la Gwenn .
    Son souffle est brûlant ,
    De honte ,en la tuant .

    Et il entend alors la roue
    Qui grince mieux que l’Ankou.
    Et en hurlant à la lune
    Il court au loin dans les dunes .

    Personne ne l’a revu
    Et seul les amants perdus
    Disent entendre ses cris
    Qui sonnent sur la lande jolie.





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