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Sors de ta maison
Va, sors de ta maison et marche dans la plaine
où fouille le corbeau dans le creux du sillon
où jaillit l'alouette au firmament profond
et les nuages gris et blancs tissent leur laine
dans les cieux verts et bleus du bord de l'horizon.
Va, sors de ta maison, marche sous les feuillages
à l'écoute du vent, de l'oiseau, de la fleur
du pic-vert sur le tronc comme un esprit frappeur
des bouvreuils et des geais, maîtres du bavardage
de l'écureuil et du lapin cabrioleur.
Va, sors de ta maison, marche vers la rivière
grenouilles et crapauds y montent leur chanson
dans l'eau calme que ride à peine le frisson
du vol rasant des libellules dentellières
sur les abris secrets où dorment les poissons.
Va, sors de ta maison et marche sur la plage
où l'écume de mer entasse ses flocons
dans le creux des rochers et dans les goëmons
apportés par la vague et par le vent du large
bousculant dans leur vol les oiseaux vagabonds.
Puis sors de ta maison et marche dans la ville
où les gaz des moteurs chassent l'odeur du pain
où l'eau de pluie n'est plus qu'un résidu malsain
où flottent les regrets et les pleurs inutiles
dans le triste courant des jours sans lendemain.
Rentre chez toi enfin, où ton chat dort, tranquille ...
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