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La sorcière se tait, quand elle frémit, l'enfance,
Et qu'il est en ses lieux trop d'émotions nouvelles,
Elle attend sans un mot, guettant les circonstances
Que nourrissent les pleurs de peines trop cruelles
Et la fée se désole, elle danse à l'infini
Les contes qu'elle écrit pour la douceur de l'âge,
Elle protège les pas d'un être sans appui
Qu'elle dit sans destinée si ses choix ne sont sages
Puis la sorcière vient, pour s'offrir en Circée
A l'improbable Ulysse en son adolescence
Ou se faire Dom Juan pour jeunesse apeurée
Et laisser d'une Elvire se perdre l'innocence
La sorcière s'amuse, elle désole nos ans
Et se fait vitriol pour ronger nos cœurs tendres
Qui nous étaient pourtant d'avant que l'on soit grand
Une exquise fêlure en nos âmes à vendre
La fée nous accompagne, et ainsi va la vie,
Aux chemins balisés nous éloignant du pire,
Ils se font de traverse au présent qui nous fuit
Quand l'on voit quelque ciel azuré de désir
La fée se fait colère, elle la joue à l'antique
Et recouvre d'églises nos égos délétères,
Elle sait nous endormir aux chants de ces cantiques
Que tant de religions sèment en nos jachères
La fée dés lors vieillit, la sorcière se meurt;
Est-ce d'avoir longtemps cru en leur paradis
Que l'on veut à présent sans mémoire et sans heurt
Contempler de nos rides qui sillonnent l'esprit
Le matin d'un seul monde par nous seul accompli
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