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Je t’attendais
J’attendais que tu passes
J’en sais qui attendent longtemps
J’en sais des morts d’attendre
J’en sais
Qui n’ont plus mal à rien
Tout étouffés d’amour et d’avoir attendu
J’attendais que tu passes
Je t’avais vue déjà
Comme on a vu la reine Un cortège La foule qui l’annonce
Au lointain On est tout gosse On regarde
Et l’on n’en saurait rien dire
Ni la couleur des yeux ni le galbe des seins
Juste un peu les épaules Leur tremblement Leur éclat
C’était ainsi
J’avais vu la lueur J’en restais ébloui
Je t’attendais
J’étais tout nu tout seul
Seul au pied du mur
Absolument tremblant
Comme un ermite Comme un fou Comme un enfant
Et je ne savais pas
Ni le temps qu’il faudrait
Ni même si tu pouvais me voir
Amoureux que j’étais éperdument
De tes yeux De ton prénom De ton ombre
Je t’attendais
J’attendais quoi
Pour un baiser sur ta main
Deviner le parfum de ta peau
Effleurer seulement l’ourlet de ta jupe
Je serais toujours de ceux qui ne savent exiger d’une femme
De ces benêts de poètes
Qui sanglotent des sonnets
Crétins qui ne vivent guère
Je t’attendais
Je savais que c’était toi Je le devinais
Confusément
Je rêvais Mais à quoi donc bons dieux
A rien
L’imbécile désir d’être aimé d’une étoile
L’impudique plaisir de côtoyer un ange
Je t’attendais
Il me fallait ce feu Cette envie Ce caprice
C’était quoi
Se brûler à la flamme Papillon prétentieux
Avant de n’être plus
De me taire vraiment
Qu’on oublie qui j’étais
Juste l’honneur ultime
Yaël ma belle Ma toute belle
De faire scintiller des mots d’amour
Dedans le ciel de ta beauté
Comme en cessant de rougir les feux de l’artifice
Redonnent à la nuit un éclat d’obscurité
7 août 09
entre Paris et Delhi
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