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Les oiseaux oubliés
Un bruit sourd nous surprend, un choc brutal, fatal,
Un jeune oiseau s'abat sur le sol de béton
Qui nous sert de plancher, de repos hivernal.
La façade du sud nous montre l'horizon,
Un ciel bien dégagé qui sent bon le printemps,
Pas un nuage gris, une brume tenace,
Rien que toi qui titubes en recherche le vent.
On surveille le chat qui est une menace
Mais elle vient d'ailleurs sur ton corps en souffrance,
Un faucon rougeoyant aux serres acérées,
Au bec recourbé dépeçant l'espérance
Au regard si furieux, si méchant, courroucé...
Dure loi de la vie qui demande à tuer
Pour remplir ses besoins, le repas assouvir,
Dure loi qui demain cherchera à manger
Dans un monde restreint aux multiples désirs...
Une vie sans malice où la Terre blessée
Sera bien petite, pour donner à manger
A tout le genre humain cupide et borné,
Défilant dans les rues, en loques, affamés...
Les oiseaux sur les arbres ont cessé de chanter,
Leurs enfants ne sont plus, détruits par la famine,
Dans nos coeurs les rapaces ont volé, dévoré
Le pain de nos petits par leur vie de rapine...
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