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Infinie ivresse des hauteurs,
Eternelle force de l’espace,
Entends d’un couple les clameurs
Qui se noient dans tant de grâce,
Un attrait pour ce vide
Les convie au putride ;
Ici Injustice, beauté et vertige
Se rendent hommage lige.
J.H.
Ces vers m'ont été inspirés par un de mes souvenirs d'enfant.
Quand j’avais dix ans, alors que je visitais l’inaltérable Ardèche et ses roches figées en des pics vertigineux, nous nous arrêtâmes face à un pont de pierre, du côté d’Antraigues : un petit pont juché à des dizaines de mètres au dessus du vide depuis des temps immémoriaux. C’était merveille de s’imaginer comment des hommes avaient pu concevoir ouvrage aussi périlleux qui traversait pourtant les âges. Quand je me trouvai devant ce pont avec mes camarades de la colo, un vieil Ardéchois qui se promenait, nous conta une légende autour de l’édifice :
Un jeune homme et une jeune fille, il y a des siècles et des siècles de cela, s’aimaient et désiraient s’épouser, seulement leurs parents ne l'entendaient pas de la sorte et s’y opposèrent résolument. Une nuit, ils prirent la fuite pour se retrouver sur ce pont où ils avaient leurs habitudes, il était le symbole de leurs affinités clandestines puisque de celui-ci s'unissaient deux colossales falaises de roches volcaniques. En unique réponse à l’injustice du refus parental, ils s’unirent dans la mort en embrassant le vide cette nuit-là. On appelle ce pont le Pont de la mort des amants.
Cette légende n’est pas sans rappeler une pièce fameuse de Shakespeare ou encore quelques oeuvres de l'Amour courtois.
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