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L’enfant et la mer
Sous le ciel étoilé la mer se réveille,
Elle envoie sans arrêt vers la terre le vent,
De grosses vagues lourdes qui font crier les vieilles
Sous leur chignon défait, leurs cheveux blancs d’argent.
Elles cognent sans fin les rochers gémissants,
Le beau schiste veiné qui plisse ses yeux verts
Puis elles partent au loin, va et vient incessant,
L’écume à la bouche et les embruns amers.
Au loin, un blanc voilier a réduit sa voilure,
Il trace un sillon sur les flots démontés
Et des larmes salées recouvrent sa figure,
Les pleurs d’un bel enfant ne pouvant que prier.
Le père est parti le laissant seul au port
Sur le grand bateau bleu pour pécher le poisson,
Il voudrait bien aller avec lui vers le nord,
Oubliant les dangers, délaissant la raison.
Une vague plus forte poussée par la marée
Vient mourir à ses pieds pour être pardonnée
Mais le vent la secoue et la fait exploser
Sur le rocher noirci, délaissé, trépassé…
Le soleil doucement éteint les belles étoiles,
Les flots se sont calmés et le vent est tombé,
Les voiliers dans le port hissent toutes leurs voiles,
L’enfant vers l’horizon dépose un baiser.
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