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J'ai peur d'avoir peu fait de ce que l'on espère
D'une âme à l'incertain visage que dieu fît,
M'épuisant à croire à ces vaines chimères
Que mes curés, enfant, me chantaient à l'envie.
J'ai peur de n'avoir dit que des mots sans le geste
Des pensées repliées sous l'idée d'être grand,
N'en avoir pas écrit le moindre palimpseste
Dont j'aurais souvenance aux heures où l'on se pend.
J'ai peur d'avoir erré en trop de labyrinthes
D'un destin effacé, estompé par mes soins,
M'égarant au parcours du futile des craintes
Qu'il fallut que j'invente au gré de mes besoins.
J'ai peur, non de vieillir, mais du déni de l'âge,
De celui qu'on rejoint et que l'on dit serein,
Or, il ne nous est plus qu'absence de courage
Quand l'on veut d'une enfance atteindre les jardins.
J'ai peur de ta présence qui ne serait plus mienne,
Fuyant les derniers jours du vieillard qui s'endort
Dans l'odeur d'un mouroir, à l'ombre des persiennes,
Préservant du soleil et des joies du dehors
L'indicible terreur…d'attendre, seul, la mort…
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