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MON CADAVRE
Qu’il est joli mon cadavre quand je m’endors, un vrai trésor avec ses distincts passeports…
Qu’il est colon mon cadavre quand il se plie aux frasques du pourparler une ultime fois…
Qu’il est câlin et lactescent , un semblant rien, un ami qui se tient bien, riche bien malsain
Mon cadavre se stabilise dans ma prière, un vecteur, un obturateur dont le bruit se fait moi…
Mon cadavre est l’aube du désespoir, une amplitude diamantée et une trajectoire négative…
Qu’il est moyen mon cadavre, un peu, en tous cas un de moins ou plutôt une mère s’écria…
Qu’il est quelconque mon cadavre quand je me ballade dans les soubresauts de la mémoire…
Qu’il se condamne mon cadavre quand je me réveille à côté de toi et de ton immobilité…
Mon cadavre s’extériorise quand il s’inonde dans les effluves de sa solitude qui se balance…
Mon cadavre me plait dans sa plaidoirie de contrebandier mystifié d’insalubrités cet été…
Qu’il est beau mon cadavre quand je nie une verve morte d’une saison iroquoise calfeutrée…
Qu’il est droit mon cadavre quand il s’allume dans un précipice façon gorge de Pâques…
Qu’il est libertin mon cadavre quand il me tient la main le lendemain d’une suite avare…
Mon cadavre est ma liberté quand je m’en vais et quand je descends la rivière argentée…
Mon cadavre reste gravé dans le marbre d’une sentence froide et…ici gît le colonel inca…
Qu’il se rétracte ou qu’il me gâte qu’il me navre ou qu’il éclate, que mon cadavre ironise…
Quoiqu’il en soit, sans mon cadavre je ne suis plus, quoiqu’il en fut mon cadavre, ce vernis …
Qu’il soit exterminé par des vers, mon cadavre mérite la prose du grand bateau calciné…
Mon cadavre est éclairé de mille beautés et sur le lac éventré il émet des ondes piégées…
Mon cadavre décide toujours de l’heure pure, il s’octroie le droit de froncer les sourcils…
Qu’il dégouline comme du fiel, mon cadavre est automate, un général, friandises et Elise…
Qu’il soit négligé ou teinturier, mon cadavre est outrancier, en un chamérops, cet anatidé…
Qu’il se désintègre comme un roman, mon cadavre a le style d’une vieille amphore en or…
Mon cadavre surligne vos lèvres d’un grenat exemplaire, il tournoie dans la capitale rose…
Mon cadavre est habillé d’opales pour une gourmandise ovale, en un tourbillon carré…
Qu’il hurle comme il le doit, mon cadavre est un clavier dont les notes sonnent l’auguste…
Qu’il déglutine son albumine, mon cadavre est un héro qui se lève tôt…dodécasyllabe rien…Qu’il soupire son étendue, mon cadavre fond en ondes de quadrupède ou quadripode…
Mon cadavre est relax, dans sa masse il se tasse, squelette intense de savoir vivre, il urine…
Mon cadavre se relâche, un soir de Traviata il se travestira et il ouvrira la porte élevée…
Qu’il se glace le ventre dans une bonbonne de gaz, mon cadavre se remplit de dieux un peu…
Qu’il scrute les alentours, mon cadavre nettoie son clocher, dans son registre il se forge ainsi
Qu’il accentue sa chute, mon cadavre multiplie sa faillite en un élan élégant d’obscurs…
Mon cadavre est une hyène entrain de ronger le matériel de vos pensées, ce blanchissage vif…Mon cadavre est mort hier…une faculté d’affairé bâtard…dépouillé en un pré…attiré par l’après, Dieu, sa valise, Hadès, ma balise,…que tout s’amenuise…ou alors, la balistique…
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