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LES ENVAHISSEURS
Venus d'un autre lieu, ou d'une autre planète,
Ils investissent le coin, s'installent juste en face,
Fallait il être jeune pour devenir poète,
Où ceux d'un autre temps pourraient laisser la place.
Dureront-t-elles autant que le temps d'une rose,
Ronsard nous l'a chanté, l'espace d'un instant,
Cette gaîté fragile, cette odeur de psychose,
Qui donnent à l'illusoire un visage d'enfant.
A cette heure où hier se lit dans une glace
Ils ont donné la vie au potache effronté,
Accumulant sans fin les plus fines grimaces,
Dans un feu d'artifice qui aurait explosé.
Attendons notre tour, amoureux de la frime,
Au sein de cette arène aux couleurs d'anomie,
Que le calme revienne, coloré de ses rimes,
Au bras d'une Vénus passablement meurtrie.
Partis vers d'autres lieux, vers une autre planète,
Ils ont quitté le coin, ils ont laissé la place,
Tristes envahisseurs aux grands cœurs de poètes,
Qui ignoraient qu'un jour tout passe, tout casse, tout lasse.
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