|

Tout chante
Laissons chanter les mots d'amour de la prairie
le bonheur du pollen
qui pénètre le coeur de la sauge fleurie
quand le vol du bourdon y plonge et s'y marie
en merveilleux hymen.
Laissons chanter les mots de corail et d'écaille
du monde sous-marin
inaudibles émois d'une vie qui tressaille
et cherche son abri dans la grotte ou la faille
d'un royaume utérin.
Laissons chanter les mots que nous portent la brise
et la vague des mers
les cris, les chants d'oiseaux, la houle qui se brise
écoutons, laissons les assurer leur emprise
sur nos chants, sur nos vers.
Laissons chanter les mots qu'apportent les nuages,
la neige et le grésil
sont aussi des amis qui portent des images
superbes, empruntant aux éclairs des orages
leur tumulte viril.
Et chantons la douleur des bêtes et des hommes
les larmes, les gémissements
le râle agonisant du boeuf que l'on assomme
écoutons leur souffrance et recevons la comme
un avertissement
|