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J'ai parcouru,conquis,dans un recueil sans titre,
Un conte merveilleux de fraîcheur et d'amour.
Le chant d'une sirène y fait vibrer la vitre
A l'huis d'un phare éteint. L'océan gronde autour.
Un bateau vide dort,drossé par la tempête?
Sur cet îlot désert peuplé de cormorans.
Une plainte jaillit,lorsque la vague fouette,
De paquets furieux,les écueils des courants.
De sous un lambeau clair de voile de misaine
Par miracle étalée à deux pas du rafiot,
Que le vent a séchée aux jets de son haleine,
Se dresse un chérubin,titubant,maigriot.
Pas à pas mesurés,de la rive il s'approche
Juge à l'oeil les dégâts au contre et sur la tour.
Le phare s'illumine,éclabousse la roche
Et la mer et le ciel s'irisent alentour.
En tourbillons légers,dans la lumière crue
Comme un bouquet de soie épaulé par le vent,
Est-ce une fée?une ombre?une naïade nue,
Majestueusement,vers le prince descend...
Vers Eros épuisé,revenu de l'Olympe,
Aux filles de Nérée allant faire sa cour.
La plus jeune s'en vient,sans ornement,sans guimpe...
Le naufrage aurait bien pu briser leur amour.
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