|
Le mage et les corps rompus
Il y a de cela bien longtemps, au-delà de ses nombreux royaumes
un mage appelé Oraison, patriarche de ces montagnes, fit un rêve incroyable, voire mirobolant.
Il n’y avait plus d’eau sur la terre, les mers n’étaient plus que des champs.
À perte de vue, solitaire, il ne vit que des enfants.
En place de l’homme cerbère, ne restait plus que le néant.
La vie se moquait de la pomme, et riait de n’avoir point de dent.
Elle pouffait de ces cœurs de misère et gloussait en se tenant les flancs.
Lavez votre esprit des critères, dit-elle, vous n’aurez point de sang.
L’amour que vous ne donniez pas à vos pairs, vous le porterez à vos dépends, dans cet univers de mystère et de corps trop grand.
Le mage Oraison, de ces vers, se réveilla, gesticulant, agité de ce rêve tragique, de prendre les devants et de faire, de l’esprit onirique, le symbole d’une marche en avant.
Il décide de baptiser l’égide, par un lavage de cerveau, pensant que l’esprit corrompu se baignerait de sa clarté, dans un savoir des plus arides, comme le sel que l’on donne aux troupeaux.
De ce fait et de ces certitudes, il ordonne l'ablation de la peau, celle qui recouvre la tête et protège l’esprit des mots.
Chryspoo
|