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Le vent et la mer
Le vent sur les rochers fait exploser la mer
En gerbes d’eau salée qui masquent l’horizon,
Elle cogne, gémit jusqu’au fond des abers,
Nous vole avec mépris, bruyères et ajoncs.
La vague qui s’élance roule à n’en plus finir
Sa mousse qui s’envole pour habiller les pins
De guirlandes festives qui viennent pour mourir
Sur les branches tordues tombées sur le chemin.
Elle hurle les mots doux des marins disparus,
Les messages d’amour qu’ils n’ont pas pus donner,
Leurs jurons de dépit dans tous les coins des rues
S’engouffrant dans nos cœurs lassés de trop pleurer.
La falaise meurtrie laisser monter des plaintes
Puis dans un cri d’effroi s’effondre en hurlant,
Cicatrice béante, source de mille craintes,
Au couleur de son sang sous le soleil couchant.
La vague déferlante fracasse les rochers,
Elle part et revient sur les blocs sans arrêt,
Dans la crique oubliée les oiseaux se promènent
Regardant tristement leurs nids déchiquetés.
Le vent sur les rochers fait exploser les flots
En myriades de larmes qui coulent sur mes joues,
Le vent sur les rochers fait exploser les mots
De la mère qui pleure étouffant des sanglots…
Alors sur la jetée les goélands furieux
Viennent narguer la houle qui s’avance en grognant,
Elle s’écrasera sur les bords malheureux
Des cailloux que caresse le sable des enfants.
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