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La muse rose sur la montagne blanche
Resterait-il de l'amour au creux de mon corps?
Sentirais-je la passion auprès de mon âme?
Ou alors serait-ce l'illusion de la mort
Qui prendrait l'apparence d'une jeune femme ?
Il me restait quelques boissons sentimentales :
- Des bouteilles de joie. - Des bières de plaisir.
Dans mon taudis sans toit, je voyais les étoiles.
Patient, je regardais scintiller mes désirs.
Perdu, je me trouvais dans un petit village
Que la population avait abandonné.
Seul et moribond, j'écoutais le vent siffler
Quand s'assombrissait lentement le paysage.
Aurais-je perdu mes mots dans cette montagne,
Là où le froid affectueux gèle mes membres
Quand la chaleur de mon cœur faiblit doucement,
Quand mon esprit quitte mon corps et s'en éloigne ?
Égaré, j'agonisais dans un vieux chalet
Qu'une tempête glaciale avait éventrée,
Lançant des rafales destructrices acharnées.
J'attendais des secours, un égard d'amitié.
Mais, si jeune, je n'étais pas censé savoir
Qu'on ne trouverait pas utile de sauver
Un homme si seul, si pauvre et désemparé
Qui dans ses mains n'a pas une once de pouvoir.
Est-ce ici ? Vais-je mourir seul et malheureux
Sous les milles regards étoilés des cieux
Alors que leurs lueurs éblouirent mes yeux
Lorsque je gravissais les sommets des dieux ?
Puis, au travers d'une vitre et mes yeux vitreux,
Je vis une femme à l'aspect merveilleux.
Ses cheveux étaient noirs. Son regard était bleu.
Si c'était un signe j'en étais amoureux.
Elle était vêtue d'une rose robe en soie,
Et elle apportait de sa démarche franche
La rosée matinale sur la neige blanche.
Mais comment résisterait-elle à ce grand froid ?
Pourquoi ai-je si peur ? Est-ce que je me meurs ?
Quelle est cette froide neige sur mon visage ?
Sont-ce des flocons ou sont-ce mes propres pleurs ?
Vais-je m'éteindre en ce lumineux paysage ?
Ma vue se brouillait. La muse s'éloignait.
Je sentis la douce caresse d'un nuage.
Qu'il en soit ainsi, ici tout s'est terminé,
Mes yeux amoureux moururent dans ce village.
C'était une mort douce sous un vent de brume
Faisant voler la longue chevelure noire
De cette femme fatale au divin regard
Et je lui voue encore de l'amour posthume.

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