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Il est un pays de langue
Et de chair emmêlés
Rouge et rose et sucre à la fois
Muqueuse et meringue
Orange sans gris sans grogne
Où la peau sur la peau se pose
Et propose
D’autres façons de chaleur
D’autres ivresses en soleil
Et tant de liens que les mains
N’y peuvent suffire
Il est un pays
Dont tu gardes la grille
Jouissance des jours
Et giclure des heures
Lentement tout lentement l’acquis du temps
S’érige en songe
Toi la mauve de mes envies
La fleur ouverte où je respire mon âme d’arbre
Encore écorce et promis prune jaune
Toi mon abeille et ma béance
Où j’entre à trembler
Tout grand dardé d’ardeur
Et jouant ma carrière de hêtre humain
Yaël
Toute hérissée d’art
Toi ma pourpre et ma garance
Ma groseille que la dent
Se régale à croquer
Il est un pays
Dont tu détiens la clé
Penser à toi Yaël
C’est penser à du rêve
On le fait on l’oublie
Mais sans qu’on sache pourquoi
Sans qu’on sache comment
Se redessine un geste
Et tout palpite en soi
Comme un breuvage nouveau dont juste une gorgée
Vous ferait goûter à l’infini
Tu es à toi seule un pays
La serrure et la grille et la clé
Tu le sais bien ma belle
Et le bonheur c’est d’avoir
A picorer ton cœur
Et savourer tes seins
12 octobre 09
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