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A l'entrée de la chambre,
ne pas plier le ciel,
simplement cueillir quelques oiseaux
pour en faire une phrase.
Il y a de la salive
dans cette phrase d'air,
de la salive et des orchidées rouges
dans le geste d'amour.
La main se souvient
d'avoir été foudre
dans les reins de la femme.
La main marche à reculons
dans le dédale des spasmes,
et s'accroupit, comblée,
au plus chaud du silence.
Passent des voilures,
un peu de rosée,
ta bouche
qui ouvre et ferme la vague.
Les mots changent de couleur,
les regards changent de douleur.
S'exilent les murs,
et le mufle mouillé de la terre
gagne lentement nos sexes
et la haute mer.
Laisse la nuit se cacher
dans les herbes folles,
laisse la nuit déferler dans la maison.
Et n'oublie pas de convier
à la table de fête
son parfum charnu,
l'arrogance de ses grands gestes clairs.
Brigitte Broc
http://fileusedelune.over-blog.com/
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