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Grisaille
J'entends sur mes carreaux mille pattes légères
tambourin obstiné qui ne s'arrête pas
plic et plic et replic, lourdes et routinières
les gouttes par milliers s'envolent vers le bas.
Et voguent au ciel gris les hordes de nuages ...
La mer est déchaînée sous des horizons ternes
c'est un grand vent du sud qui nous vient de là bas
roulant cahin-caha, pleins comme des citernes
énormes et bombées, de lourds nuages gras.
Et soufflent au ciel gris les bourrasques du large ...
Chaque branche reçoit une charge trop forte
pour les limbes fanés fatigués par l'été,
aux herbes du talus tombe la feuille morte
trésor pour le printemps dans sa simplicité.
Et volent au ciel gris les feuillées de l'automne ...
Et la tristesse monte, en flot intarissable ...
Mais que sont devenus les plus beaux de mes jours ?
Me voici désarmé, infime et misérable
épave sur le flot du temps qui suit son cours.
Et dans ce grand ciel gris où donc est ma jeunesse ?
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