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Qu'avez-vous fait de vos habits
Naïade au corps tout alangui
Qu'avez-vous fait de vos habits
Quel impudent vous les a pris ?
Vous les aviez posés naguère
A l'ombre de quelque bosquet
Et plongé, nue, dans la rivière
A l'abri des yeux indiscrets
Quand la fraîcheur se fit sentir
Etes remontée sur le bord
Ruisselante de perles d'or
Qui frissonnaient sous le zéphyr
Mais sur la berge il ne restait
Nulle trace de vos effets
Comment rentrer chez vous ainsi
Telle au premier jour de la vie ?
Qu'avez-vous fait de vos habits
Belle naïade au corps transi ?
Qu'avez-vous fait de vos habits
Quel plaisantin les a ravis ?
Le vent coquin les a volés
Pour vous couvrir de ses baisers ?
A moins qu'un amour éconduit
Pour se venger, ne les ait pris ?
Ou les elfes de la forêt
Jaloux qu'un soleil amoureux
Ne réserve à votre beauté
L'exclusivité de ses feux ?
Qu'avez-vous fait de vos atours
Belle naïade au corps nacré ?
Il vous reste pour tout recours
L'écrin de vos cheveux dorés !
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