|
Comme Obélix tu es tombé dedans petit
Ta force est celle de la langue et de l’esprit
Je me souviens de ce jeune homme que tu fus
Mince et long et de ton regard vif à l’affût
Bien souvent j’eus l’envie de m’en venir vers toi
Mais je n’osais car tu étais distant et froid
Bien qu’à la fois ce garçon simple et sympathique
Mon âme n’avait ton pli aristocratique
Un jour je t’apportai dans ta chambre des livres
Concentré tu bossais quêtant ce qui délivre
Messager importun je craignis déranger
Tu me remercias on resta étranger
Ce fut l’ultime fois que mes yeux te croisèrent
Aujourd’hui tu navigues dessus les enfers
Ta parole impassible désigne aux plus grands
L’art de mener la paix malgré conflits flagrants
Par origine et par chemin nous ne pouvons
Nous situer au même bord mais nous savons
Qu’étiquette n’est pas signe de dépendance
Que voies diverses mènent à la convergence
Et que si les traverses de nos deux enfances
Ne sont pas dénuées d’obligée cohérence
Nous rêvons de ces mots qui sur les astres dansent
Tandis que tu défends ton idée de la France
Nous avions dix sept ans dans ce même collège
Toi l’élève brillant couvert de florilèges
Moi le médiocre empli d’éternelle colère
Lequel de nous aura su quoi de sa vie faire.
22/12/2003
|