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Quelle est cette beauté endormie,
Nichée, drapée dans ce blanc si pur,
Le front droit tenant tête à l’azur,
Les cheveux trônant les yeux ravis ?
A qui sont ces yeux dont le repos
Est gardé par des paupières si fines,
Si blanches… Ce moule de pipeau
Frémissant, sont-ce lèvres divines ?
Dents que nul aliment ne souilla !
Dents par lesquelles filtre la vie !
Dents qu’aucune impure ne mouilla !
Seriez-vous à l’amour asservies ?
Que ce lit petit et blanc est beau !
Que cette chambre fragile est belle !
Que le monde qui t’a fait est beau !
Que tout est beau tant tu restes belle !
Que ce lit petit, blanc, serait banal…
Que cette chambre deviendrait ruine…
Que celui qui t’a fait serait mal…
Si tu n’apportais ta beauté fine !
Les draps, les couvertures,… mes yeux,
Depuis ta tête blonde à tes
Pieds cachés, dessinent de leur mieux :
Ton corps charmant, mes désirs athées.
Tu es là, bel et doux ange blond.
Tu dors, insouciante et confiante.
Tu ignores que, tous deux, comblons
L’image d’une amour suppliante.
Ne bouge pas ! Ne t’éveille pas !
Si heureuse dans ton sommeil
Inviolé, inviolable. Le pas
Ferme d’un petit homme te veille.
Que tourne le monde autour de toi !
Que je tourne ma vie vers tes yeux !
La vie, le monde, se lient en moi,
Et l’heur naît en toi, toi le milieu.
01/06/1968
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