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A la clarté de ma lampe
La nuit lentement descend
J’ai rêvé tout le jour sur le papier blanc
Où les mots sous ma plume imbécile décampent
Certains vont d’autres viennent Tous bougent Mais peu
Progressent On prépare demain qui sera
Comme hier l’attente sûre
De n’être pas trop surpris
Zut J’en oublie ma rime La clarté sans feu
Des idoles à bas prix
Prosternent encor quelques gens voyant en Râ
D’égouts l’ombre du mépris
N’avez-vous oublié Ô très pure Ô très belle
Que le bouillant soleil vapore le futur
Et qu’aucun maître réel
Ne découvre son visage
Seul existe ce qui se perçoit Car le reste
Nous étant inutile ne suit le voyage
Nous marchons l’un vers l’autre sur la même route
Et l’humain dans son pré comme une vache broute
Tranquille tranquille tranquille
Ainsi se suffit l’inutile
Loin vers Sète au soleil je m’en va z à pédestre
Il en est qui supportent les bruines de Brest
Il est curieux qu’autrui soit ma monture équestre
Il est fier il me mène il oublie je le guide
Assez chercher ailleurs que dans mes mains ce qui
Me tient Assez scruter l’azur indifférent
Pour trouver d’autres yeux que les miens pleins de vide
Et ranger ma pensée comme un bleu dans ses rangs
Car mes yeux qui se voient surprennent ton visage
Car mes mains qui se pressent dessinent ton sein
Car t’avoir c’est ne plus retracer les croquis
De pensers et désirs tels le vent incertains
C’est boire goutte à goutte le sang de mon cœur
Par tes lèvres baiser cette eau pure du ciel
En tes yeux et soudain nous constater fidèles
Parce que on est deux et que trois sera nous
A ces rimes pardonne l’ivresse d’un fou
Etonné d’être heureux parmi ceux qui ont peur
Que vivant soit l’amour car étant incapables
De s’y abandonner Mon doux rêve palpable
Berge vert fleurie où prend pied mon mirage
Toi qui de la caresse et du baiser m’appris
La légère douceur de tes yeux neige-soie
Je t’offre tout ce que j’ai moi qui n’ai que toi.
1972
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