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Hommes tremblez car en ces temps de paix quel souffle
Fait frémire les enfants et les parents s’enfuir
Quel souffle dans le ciel au jour bleu semble unir
La peur dont les nuages lourds nous emmitouflent
Hommes Noyés de tous les jours Sachez le pain
Quotidien garantir l’avenir d’ignorance
Qu’à survivre chacun en blessant son voisin
C’est l’espèce qui meurt Mais la bêtise danse
Hommes danse par les images et discours
Qui toujours nous invitent à ne voir les cieux
Les étoiles le plus grand que nous Non un dieu
La place dans l’espace où l’on est tous les jours
Hommes la négligeable place où nous vivons
Que nous perturbons pleins de l’importance vaine
Du vivre sans s’en faire ou du tourner en rond
Ces vieux tracas nous ont donné mauvaise haleine
Hommes Odeur de mort aux grandes prophéties
Sauf par-ci par là un poète deux ou trois
Hommes inénarrés Hommes jamais assis
Face au danger Hommes ayant loi ayant foi
Hommes inentendus Hommes dits indécis
Ou hommes étendus ombres dans la lumière
Qui pleure ses rayons et de nous désespère
Des matinées crédules aux soirs dessaisis
Et j’entends dans la nuit la voix de l’avenir
Une voix qui s’est tu à l’autre bout du monde
Car l’homme détruit l’homme en gardant le sourire
Sans savoir qui d’eux tous fait ou défait la ronde
Hommes bercez-le car il dort
Hommes laissez-le il est mort
Il vint clamer son chant auquel des hommes crurent
Et sa voix se joignit à celle de Lorca
Là où sommeillent tous ceux qui tués se turent
Dans la nuit c’est un cri Cessez harmonicas
Mais où donc sont cachés tous ceux-là qui le surent
Que sa bouche muette à jamais était pure.
01/10/1973)
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